Minorque et Majorque

20/07/2023

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Juste après que nous soyons arrivés à Minorque, sains et saufs, j'ai voulu tout abandonner. 

Tout ce que j'avais en tête, c'était qu'il fallait que je mette mes enfants à l'abri, loin de cette vie de folie. Quand même, il faut être complètement fous pour vouloir vivre une aventure pareille ! 

L'orage n'était peut-être qu'un avertissement de la mer pour nous prévenir qu'elle pouvait être plus dangereuse encore… ?

Et puis nous avons retrouvé nos amis… qui ont vécu la même épreuve que nous.

Ce couple adorable, nous l'avons rencontré au ponton du Brusc. Nous l'avons retrouvé ensuite au port à sec de Port-Saint-Louis-Du-Rhône, où nous avons davantage tissé des liens. La Corse nous a à nouveau réunis pour notre plus grand bonheur. C'est alors que nous leur avons proposé que l'on se rejoigne aux Baléares après notre tour en Sardaigne.

Grâce à eux, nous avons pu échanger sur notre expérience commune, communiquer sur les impressions vécues par chacun, exprimer nos émotions traumatisantes et surtout, retrouver cet espoir qui fait le courage de tous.

Cette épreuve a failli briser notre famille. Quelle décision absurde aurais-je prise si nos amis n'avaient pas été là pour nous remonter le moral ? Aurais-je souhaité tout quitter avec mes enfants sous les bras ? Non, je ne me voyais pas abandonner Anthony qui n'avait pas à assumer tout, tout seul, pour les erreurs que nous avions commises ensemble.

D'ailleurs, la semaine qui a suivi la tempête, mon robuste mari n'en menait pas large. Sous ses airs d'homme fort et courageux, je lui décelais cette amertume, ce désespoir de se sentir minuscule face aux éléments. Je me devais d'être forte pour lui. Pour eux. Pour ma famille. J'étais la seule à pouvoir les relever psychologiquement de cette turpitude enfouie. Heureusement que je n'étais pas si seule : nos amis étaient là.

Notre entourage était au courant de ce que nous avions vécu, mais personne d'autre que Fred et Anne-So n'était à même de comprendre vraiment ce que nous ressentions. Nous avons eu beau expliquer à nos familles et nos amis qui se trouvaient loin, l'expérience était trop abstraite pour qu'ils comprennent cette renaissance, cette chance que nous avions d'être toujours vivants.

« Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer » (Aristote)

Toujours est-il que nous sommes bien là : plus vivants que jamais ! 

Et comme il est agréable de sentir le sable chaud se dérober sous ses pieds ! Comme c'est jouissif de s'étaler dans un coin d'herbe, sous un pin, en entendant les oiseaux chanter dans les branches et les fourmis nous chatouiller les jambes ! Comme l'on se plaît à rire aux éclats avec nos amis, écouter des musiciens à une soirée-concert, s'enorgueillir de voir nos enfants user de sagesse face à leur périple, s'émerveiller dans une grotte aux reflets irisés, jouer à faire la course en annexe avec nos camarades de jeu, profiter d'un bon bain dans l'eau salée qui semble nous dire « désolée, j'étais un peu en colère mais ce n'était pas à cause de toi… pardonne moi » !

Oui, la vie est sacrément belle.

Alors dorénavant, quelque soient les petites mésaventures que nous risquons de vivre, comme tout un chacun, nous n'oublierons plus jamais que le plus important, c'est justement de vivre.

Famille Gueguen-Chaluleau
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